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Structurer un roman

Structurer les scènes de votre histoire, partie 12 : questions fréquentes

Une fois que les auteurs saisissent la structure de la Scène*, toute leur approche de la narration peut devenir plus claire et plus raffinée. À première vue, c’est un sujet qui demande un certain temps pour être pleinement assimilé et qui, de ce fait, peut susciter toutes sortes de questions. Mais vous tous, brillants Wordplayers, semblez avoir compris sans le moindre accroc. Lorsque j’ai lancé un appel sur Facebook et Twitter pour recueillir vos dernières questions, je n’en ai reçu que deux.

La première portait sur les arcs narratifs de personnages dans une suite, par comparaison avec un livre précédent. Il s’agit bien sûr du terme anglais « sequel » au sens de suite dans une série, et non de la séquence au sens de seconde moitié de la Scène. Mais c’est un bon rappel du fait que ce terme, souvent source de confusion, renvoie à deux aspects totalement distincts de la narration.

La seconde question demandait des exemples de scènes et de séquences tirés d’histoires connues. Pour y répondre, je renvoie les lecteurs aux articles précédents de la série, puisque presque chacun d’eux illustre la structure de la Scène à partir de livres et de films célèbres.

Faute d’autres questions officielles, j’ai pensé partager quelques-unes de celles qui ont été posées dans les commentaires des articles précédents de la série. Si vous avez une question qui n’est pas traitée ici, n’hésitez pas à la poser ci-dessous !

Scène « d’intrigue » ou scène « de personnage » ?

Q. J’essaie de m’en tenir au concept de scène guidée par une mission, en construisant chaque scène autour de ce dont mon intrigue (ou mon personnage) a besoin. Mais j’ai remarqué qu’il y a des moments où certaines scènes sont censées apporter un éclairage (la scène guidée par le personnage) et, d’après mon expérience, les lecteurs ne saisissent généralement pas et trouvent ces scènes inutiles. Je me demande encore comment éviter cela ! — Meryl

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R. De manière générale, les Scènes « d’intrigue » sont le plus souvent des scènes et les Scènes « de personnage » le plus souvent des séquences. Les scènes font avancer l’action ; les séquences permettent aux personnages comme aux lecteurs d’absorber ce qui vient de se passer et d’y réagir. C’est bien sûr une généralisation grossière, mais retenez qu’une histoire ne peut exister sans les deux. L’intrigue et le personnage, quand c’est bien fait, ne peuvent jamais être séparés l’un de l’autre.

Comment « montrer » les scènes

Q. Comment vous y prendriez-vous concrètement pour montrer une scène plutôt que de la raconter ? — JustSarah

R. Montrer, c’est avant tout dramatiser ; raconter, c’est avant tout résumer.

Les « phrases de prémisse » de scène

Q. Quand on structure des scènes, serait-il de mauvais goût de donner à chaque scène une sorte de phrase de prémisse ? — JustSarah

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R. Lorsque vous préparez votre roman, je recommande précisément de faire cela. Si vous parvenez à tracer l’arc de chaque scène — objectif, conflit, catastrophe — ainsi que l’arc de chaque séquence — réaction, dilemme, décision —, vous aurez une longueur d’avance considérable pour bâtir une intrigue solide du début à la fin. Quant à énoncer la « prémisse » de la Scène dans le texte lui-même, c’est rarement une mauvaise idée, puisque vous voulez toujours que les lecteurs comprennent le point de focalisation de chaque Scène.

Ruptures de scène et sauts de point de vue

Q. Quand j’ai lu votre changement de point de vue à l’intérieur d’une même scène, mon cerveau a disjoncté ! Les spectres du ne saute pas d’une tête à l’autre défilaient dans mon esprit. Je suppose que si l’on connaît les règles et qu’on les enfreint, c’est acceptable. Quand j’ai écrit mon premier roman, j’ai fait de nombreux changements de point de vue et on me l’a reproché constamment. Cela ressemblait beaucoup à ce que vous avez écrit.

Alors pourquoi est-ce acceptable dans certains cas et pas dans d’autres ? Est-ce acceptable seulement dans une scène occasionnelle ? Ou peut-on le faire tout au long d’un roman ? J’aimerais vraiment connaître votre point de vue. — Michael Di Gesu

R. Ce que vous voyez dans la Scène que j’ai citée n’est pas un saut d’une tête à l’autre. Le saut d’une tête à l’autre se produit quand on change de point de vue (souvent à plusieurs reprises) à l’intérieur d’une même Scène sans aucune indication de rupture de Scène. Si j’avais basculé dans la tête du second personnage sans utiliser les trois astérisques pour signaler une rupture de Scène, , il s’agirait bien d’un saut d’une tête à l’autre. La clé d’un changement de point de vue réussi consiste à accorder à chaque point de vue une large plage de temps. Dans la Scène que j’ai citée, les points de vue des deux personnages occupaient chacun la moitié du chapitre. Si, en revanche, j’avais fait des allers-retours toutes les deux ou trois lignes, cela aurait fait beaucoup trop de sauts, même avec des astérisques pour signaler les ruptures de Scène.

Ouvrir sur une séquence

Q. Je voulais poser une question sur l’endroit où placer une séquence. Est-il généralement judicieux d’ouvrir un livre sur une séquence ? J’envisage d’ouvrir ainsi l’arc d’un de mes personnages, mais je ne suis pas sûre que cela ne laisse pas les lecteurs en train de se demander : « Bon, mais sur quoi les personnages réfléchissent-ils au juste ? » — JustSarah

R. Dans la plupart des histoires, il vaudra mieux commencer avec votre personnage en action, accrocher les lecteurs, puis ralentir pour la réflexion. Cependant, quand une histoire s’ouvre bel et bien sur la réaction d’un personnage, c’est souvent parce qu’il vient de se produire quelque chose d’énorme. Le récit aura alors probablement recours à un retour en arrière pour montrer au moins une partie de la situation.


Et nous voilà arrivés au terme de notre série ! J’espère que vous avez apprécié ces douze dernières semaines et que ce voyage dans les subtilités de la structure narrative vous a éclairés, et même donné des forces. Les histoires solides se bâtissent sur le détail de Scènes solides. Si vous savez construire une Scène, vous savez écrire un livre entier !

** Pour les besoins de cette série, « Scène » avec un S majuscule désigne la scène au sens général (ce qui peut inclure dans sa définition la *séquence*). J’utiliserai un s minuscule et l’italique pour *scène* et séquence afin de désigner les deux types de Scènes.*


La série complète :


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By K.M. Weiland

K.M. Weiland est romancière, a écrit plusieurs romans et des livres pratiques sur le métier d’écrivain et l’art de la narration. Son site helpingwritersbecomeauthors.com a reçu plusieurs récompenses, et ses livres Préparez votre roman, Structurez votre roman, Créez des arcs narratifs, Comment structurer les scènes dans vos histoires font partie des livres recommandés aux auteurs qui veulent améliorer la maîtrise de leur discipline.