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Les erreurs d’écriture les plus courantes, n° 6 : un narrateur à la première personne trop envahissant

Les histoires racontées par un narrateur à la première personne sont de plus en plus populaires.

Première personne : « Je suis allée à l’école aujourd’hui. »

Troisième personne : « Elle est allée à l’école aujourd’hui. »

La première personne est souvent une perspective narrative difficile à maîtriser. Plus que tout autre type de narrateur, le narrateur à la première personne a tendance à verser dans un récit égocentré, où le personnage qui raconte écrase l’histoire au détriment des autres personnages, et parfois même de l’intrigue.

3 pièges à éviter avec un narrateur à la première personne

Passons en revue quelques-uns des pièges les plus courants du narrateur à la première personne, et la manière de les éviter.

1. Commencer chaque phrase par « je »

Le narrateur à la première personne pousse les auteurs à se concentrer sur le personnage narrateur à l’exclusion de tout autre sujet. Le résultat : une enfilade de phrases assommantes qui ont toutes le même sujet. Variez les sujets pour redonner un peu de vie à votre syntaxe.

À éviter : Je dévalai l’escalier, le cœur battant. J'entendais le géant zombifié marteler le sol derrière moi. Devant, je voyais la porte de la cave qui m’offrait une chance de fuir et de me cacher. J'atteignis la porte, l’ouvris à la volée et plongeai à l’intérieur.

À préférer : Mon cœur battait à tout rompre tandis que je dévalais l’escalier. Derrière moi, le géant zombifié martelait le sol. Deux mètres devant, la porte de la cave offrait une chance de fuir et de me cacher. J'atteignis la porte, l’ouvris à la volée et plongeai à l’intérieur.

2. Raconter les pensées au lieu de les montrer

Dans un récit à la première personne, tout ce que vous écrivez sort déjà du cerveau du personnage principal. Vous n’avez pas besoin de signaler ses pensées en les mettant en italique ni de les accompagner d’un « pensai-je ».

À éviter : Je n’arrivais pas à croire que cela m’arrivait. Les géants zombifiés, ça n’existe pas, si ? pensai-je. Je suis peut-être en train de rêver.

À préférer : Cela ne pouvait pas être en train d’arriver. Les géants zombifiés, ça n’existait pas, si ? J’étais peut-être en train de rêver.

Si la différence entre montrer et raconter vous échappe encore, c’est le moment de la revoir : c’est elle qui est en jeu ici.

3. Insérer de longs passages narratifs au détriment de l’action et du dialogue

La narration à la première personne donne envie de partager avec le lecteur tout ce que le personnage pense. Méfiez-vous des longues digressions narratives, là où vous devriez laisser l’action et le dialogue porter l’histoire.

À éviter :

— Qu’est-ce qui t’arrive, en ce moment ? demanda Kirsten.

Je poussai un soupir. Kirsten n’avait aucune idée du degré de folie qu’avait atteint ma vie. Elle n’avait aucune idée que des géants zombifiés — énormes, hideux et puants — étaient à mes trousses.

[Insérer ici une longue description des géants zombifiés, de la vie de la narratrice, de l’histoire de son amitié avec Kirsten, etc.]

À préférer :

— Qu’est-ce qui t’arrive, en ce moment ? demanda Kirsten.

Je poussai un soupir.

— Tu n’as aucune idée du degré de folie qu’a atteint ma vie.

Je jetai mon sac dans mon casier, lançai un regard furtif des deux côtés du couloir, puis me penchai pour lui souffler à l’oreille :

— Des zombies ! Des gros !

[Insérer ici un dialogue vif et conflictuel qui transmet les informations essentielles sur les géants zombifiés, la vie de la narratrice, l’histoire de son amitié avec Kirsten, etc.]

Recourir à un narrateur à la première personne peut être une façon passionnante de créer une histoire immédiate et intime, dont les lecteurs ne pourront pas se détacher. Assurez-vous seulement de ne pas trébucher sur ces erreurs courantes, et vous serez plus que prêt à mettre vos lecteurs (et les géants zombifiés) à terre par la puissance de votre narration.

Pour aller plus loin sur le choix de la perspective narrative, voyez aussi : 5 questions pour choisir le bon point de vue.

Pour aller plus loin

Les livres de K.M. Weiland traduits en français :

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Une écriture vague est une écriture faible. La précision est le domaine de l’auteur compétent et sûr de lui.

Les erreurs d'écriture les plus courantes : l'écriture vague

En tant que créateur de vos mondes et de vos personnages, vous aurez toujours la possibilité de faire des affirmations qui font autorité dans votre écriture. Après tout, si ce n’est pas vous l’autorité dans vos histoires, qui l’est ? Cela signifie que vous n’avez jamais besoin de vous embourber dans le marécage des détails vagues et des idées floues.

À quoi ressemble une écriture vague

Jetez un coup d'œil aux exemples suivants d’écriture vague :

  • Maddock regarda le mur, qui semblait maculé de sauce tomate.
  • La bombe tomba à environ trois ou quatre mètres de moi.
  • Elle avait à peu près quarante-cinq minutes de retard à son rendez-vous chez le dentiste quand un policier l’arrêta, apparemment pour excès de vitesse.
  • Les calculs de Marc révélaient que l’agrandissement de la maison occuperait grosso modo cinq mètres carrés.

Avez-vous repéré les ambiguïtés dans ces phrases ? Chacun de ces exemples contient des mots qui affaiblissent inutilement l’intensité et la certitude de l’auteur.

Comment corriger une écriture vague

Reprenons ces phrases, cette fois avec les mots vagues supprimés :

Maddock regarda le mur, qui était maculé de sauce tomate.

À moins que vous n’employiez « sauce tomate » pour dissimuler la véritable nature de la substance (c’est peut-être du sang, et vous avez une raison de retarder le moment où Maddock s’en rend compte), ne dites pas à vos lecteurs ce que quelque chose « semblait » être. Dites-leur simplement ce que c'est.

La bombe tomba à trois mètres de moi.

Le personnage narrateur sait-il que la bombe est tombée exactement à trois mètres ? Probablement pas. Mais comme les lecteurs comprendront que le narrateur fait une estimation, et comme ils ne se soucient pas de savoir si la bombe est tombée à trois ou à quatre mètres, épargnez-vous ces mots supplémentaires et ces tergiversations inutiles.

Elle avait quarante-cinq minutes de retard à son rendez-vous chez le dentiste quand un policier l’arrêta pour excès de vitesse.

Là encore, il n’est probablement pas important de savoir si Elle avait quarante-quatre, quarante-cinq ou quarante-six minutes de retard. Il n’est pas non plus important d’informer les lecteurs que le narrateur n’est pas certain que le chiffre exact soit quarante-cinq.

De même, à moins qu’il n’y ait une bonne raison pour que le narrateur doive deviner pourquoi le policier l’a arrêtée, supprimez sans hésiter le « apparemment ». La plupart du temps, les lecteurs ne s’intéressent pas à ce qui a semblé se produire, mais uniquement à ce qui s’est produit.

Les calculs de Marc révélaient que l’agrandissement de la maison occuperait cinq mètres carrés.

Le mot « grosso modo » apporterait-il vraiment quelque chose à cette phrase ? Si le chiffre exact est supérieur ou inférieur à cinq mètres carrés, et que ce chiffre exact est important pour l’histoire, donnez le chiffre exact. Sinon, arrondissez simplement à un nombre précis.

10 mots qui signalent une écriture vague

Il arrive que votre histoire exige une formulation vague pour des raisons d’intrigue. Mais lorsque les ambiguïtés ne sont pas nécessaires, vous pouvez épargner à vos lecteurs l’ennui et une éventuelle confusion en évitant les mots suivants :

  • Sembler
  • Environ
  • À peu près
  • Paraître
  • On aurait dit que
  • Grosso modo
  • Plus ou moins
  • À peu de chose près
  • Presque
  • Quasiment

Si vous êtes audacieux, précis et catégorique dans le choix de vos mots, vos lecteurs ressentiront la puissance de votre prose.

Note du traducteur : l’article original s’appuie sur des exemples en anglais (seem, approximately, about, appear, look as if, roughly, more or less, give or take, almost, nearly) et sur des distances exprimées en pieds. Les exemples et la liste de mots ont été transposés en français, avec des unités métriques, afin que la liste reste directement utilisable dans un manuscrit francophone. Le principe, lui, est parfaitement transposable : chaque approximation inutile affaiblit la phrase.


Pour aller plus loin : les livres de K.M. Weiland en français

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Les erreurs d’écriture les plus courantes : Vos verbes montrent-ils ou racontent-ils ?

L’un des aspects les plus courants de la narration d’une histoire est aussi l’un des plus faciles à négliger pour les écrivains.

Heureusement, c’est aussi l’un des plus faciles à corriger.

Comment les verbes de narration peuvent empêcher la participation du lecteur

Jetez un coup d'œil à l’exemple impromptu suivant et voyez si vous pouvez repérer la narration inutile :

Thérèse se tenait à l’angle des rues East et Maple. De son point d’observation, elle pouvait voir la dispute entre le propriétaire du chariot de hot-dogs et le policier qui venait d’arriver sur les lieux. Même de l’autre côté de la rue, elle sentait la moutarde sur le trottoir et entendait le vendeur crier. Elle sentit sa poitrine se serrer en signe de commisération pour le manque à gagner de ce dernier.

Vous avez compris ?

Pratiquement tous les verbes de ce paragraphe indiquent au lecteur ce que les sens de Thérèse perçoivent. Ce serait bien mieux si les verbes montraient aux lecteurs ce qu’ils ressentent avec elle.

Regardez à nouveau :

Thérèse se tenait à l’angle des rues East et Maple. De son point d’observation, elle pouvait voir la dispute entre le propriétaire du chariot de hot-dogs et le policier qui venait d’arriver sur les lieux. Même de l’autre côté de la rue, elle sentait la moutarde sur le trottoir et entendait le vendeur crier. Elle sentit sa poitrine se serrer en signe de commisération pour le manque à gagner de ce dernier.

Comment les verbes démonstratifs peuvent-ils améliorer la dramatisation ?

Chaque fois que vous écrivez qu’un personnage a vu/senti/entendu/senti quelque chose, essayez de reformuler la phrase pour montrer aux lecteurs ce que le personnage voit/sent/entend/ressent.

Dans la plupart des cas, la réécriture ne nécessite que quelques suppressions de mots et peut-être quelques manœuvres de phrases. La différence est souvent subtile, mais elle produit des résultats puissants.

Retravaillons le paragraphe de Thérèse pour permettre aux lecteurs de participer à la scène :

Thérèse se tenait à l’angle des rues East et Maple.

De l’autre côté de la rue, une dispute éclate entre le propriétaire du chariot de hot-dogs énervé et le policier qui vient d’arriver sur les lieux.

« Vous voyez ça ? Vous voyez ça ? », hurle le vendeur. « Vous pensez que je peux me permettre cela ? Comment vais-je acheter les hot-dogs de demain si je ne peux pas en vendre aujourd’hui ? Qu’est-ce que je suis censé ramener à ma femme et à mes enfants ce soir ? Dis-moi ça, hein ? »

L’odeur piquante de la moutarde qui s’étalait sur le trottoir se répandit dans la rue.

La poitrine de Therese se serra. Pauvre homme.

Entendez-vous la voix du vendeur de hot-dogs ? Sentez-vous l’odeur de la moutarde ? Pouvez-vous sentir la commisération de Thérèse ? La seule différence dans le deuxième paragraphe est que l’accent n’est plus mis sur les sens de Thérèse, mais sur les stimuli sensoriels eux-mêmes.

Ne vous sentez pas obligé de supprimer tous les exemples où un personnage sent, ressent, voit, etc., mais restez attentif aux endroits où vous pouvez renforcer votre scène sans effort en déterminant si vos verbes montrent ou racontent.